Les typhlodromes se rencontrent principalement sur la face inférieure des feuilles, en général cachés contre les nervures.
Les oeufs sont transparents, invisibles à l’œil nu et ressemblent à des ballons de rugby avec une dépression sur le dessus.
Les larves sont transparentes et possèdent 3 paires de pattes contre 4 pour les adultes.
Les adultes sont visibles à l’œil nu (0.5 mm) mais l’usage d’une loupe est
recommandé.
Ils ont une forme de poire, de goutte d’eau et sont très mobiles. De couleur jaune à translucide à jeun, ils peuvent se colorer en rouge après un repas.
Ils interviennent pour de très hautes densités de proies, et sont plus ou moins spécifiques. Ils ne se maintiennent pas sur la culture en absence de proies mais apparaissent, généralement, dans les cultures infestées qui ont déjà subi des dommages.
Ces typhlodromes ne présentent que peu d’intérêt dans nos vignobles. Très peu d’espèces de typhlodromes appartiennent à cette catégorie. Pour des cultures en conditions contrôlées (serres), et en cas de forte attaque d’acariens, des lâchers de ces espèces (Neosilus californicus) sont réalisés car très efficaces.
Ils ont une action déjà visible à faible densité de proie, et sont présents en permanence sur la vigne. Ils possèdent en général un potentiel reproducteur et des besoins alimentaires limités.
L’essentiel des Phytoséiides qui nous intéressent en viticulture, ceux qui régulent les populations d’acariens rouges ou jaunes dès le départ (Typhlodromus pyri et Amblyseius andersoni), sont classés dans cette catégorie.
Le rôle de prédation naturelle des typhlodromes sur les acariens jaune et rouge est connu. Le seuil de régulation (quantité de typhlodromes nécessaire pour réguler n’importe quelle population d’acariens rouge ou jaune) est d’une Forme Mobile par Feuille (FM/feuille).
Se basant sur des connaissances établies en maraîchage, où une espèce de typhlodromes (Amblyseius cucumeris) est utilisée pour lutter contre une espèce de thrips (Frankiniella occidentalis), l'IFV Sud-Ouest a évalué la capacité de Typhlodromus pyri à réguler les populations de thrips (drepanothrips reuteri) de la vigne. Les tests de laboratoire ont prouvé que la larve de thrips est une proie de choix pour les typhlodromes qui en consomment 1,09 par jour. Une seule forme mobile par feuille permet de limiter les attaques de thrips, un équilibre de 1 typhlodrome pour 2,5 thrips semble être nécessaire pour permettre une régulation totale.
Un recensement récent du nombre d’agents de l’acariose, et du nombre de typhlodromes a été réalisé sur une vingtaine de parcelles du Frontonnais en 2004, en collaboration avec l’ADVA/CA 31. Il est apparu, que les parcelles présentant un grand nombre de typhlodromes, comptaient moins de phytoptes de l’acariose. En allant plus loin, il semblerait que le seuil de 1 FM/feuille permette de freiner le développement de C. vitis, alors que 2 FM/feuille permettrait de réguler les populations. Cette hypothèse reste à valider.