La maladie du pied noir affecte les jeunes vignes, âgées de 2 à 8 ans. Dans le vignoble, cette maladie peut s'exprimer au niveau des organes aériens, soit par une absence de débourrement soit par la présence d'une végétation anormale, affaiblie qui le plus souvent se dessèche au cours de la saison. L'examen du système racinaire des plants atteints montre la présence de racines saines qui présentent la particularité de se développer peu profondément et parallèlement à la surface du sol. Fréquemment, à un niveau supérieur sur le porte-greffe, peut être observé un deuxième plateau de racines qui permet, à plus ou moins grande échéance, la survie de la jeune plante. Les racines du premier plateau deviennent nécrosées et prennent une couleur grise à noire selon le degré d'attaque. Après grattage de l'écorce apparaît souvent une zone brune qui part du talon et remonte plus ou moins vers le porte-greffe. Des coupes transversales montrent que ces zones brunes se développent de l'écorce vers la moelle. Les ceps atteints de pied noir se distribuent en foyers qui se présentent le plus souvent, soit en taches, soit en lignes. L'analyse microbiologique des ceps atteints montre la présence constante d'un champignon dans les tissus nécrosés.
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Apoplexie
Crédit IFV - P. Larignon |
Double plateau racinaire Crédit CIVC |
Coupe transversale Crédit IFV - P. Larignon |
Le champignon responsable du pied noir de la vigne est Ilyonectria liriodendri (anciennement dénommé Cylindrocarpon destructans). Ce micro-organisme inoculé à de jeunes plants, induit les symptômes observés in natura. Il a été observé la présence de fructifications de couleur brun-rouge, de 0,17-0,35 x 0,15-0,32 mm de taille, à la base de la jeune plante et sur l'écorce. Ces fructifications d'aspect globuleux, renfermant les spores, correspondent à la forme sexuée du champignon. Ilyonectria liriodendri présente un mycélium brun-orange en culture. Au microscope, ce mycélium présente des appendices appelés conidiophores qui portent les spores. Celles-ci sont cloisonnées et de différentes tailles. Les plus grandes ont une taile de 50 x 7 microns. Par référence aux maladies provoquées par ce champignon sur d'autres cultures, on suppose qu'il vit à l'état latent dans le so,l et dans certaines conditions peut s'attaquer à des plantes affaiblies. Il semble infecter soit par le talon, soit par une blessure à la base du porte-greffe, puis progresse dans les tissus ligneux provoquant la nécrose brune à noire, caractéristique du pied noir.
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Spores de Ilyonectria liriodendri Crédit IFV - P. Larignon |
Aspect des colonies de Ilyonectria liriodendri sur milieu de culture Crédit IFV - P. Larignon |
Deux principaux facteurs sont liés étroitement au pied noir :
La lutte contre le pied noir de la vigne est essentiellement préventive car il n'existe aucune mesure curative. Ces mesures préventives tendent à créer une structure du sol favorable sur une grande profondeur. Les préconisations données par le CIVC qui peuvent être appliquées à toutes les régions sont de :
Un travail de recherche conduit par l'IFV Rhône Méditerranée, en collaboration avec la Chambre d'Agriculture du Vaucluse et la SPBPVV, s'est intéressé à la propagation du champignon responsable du pied noir en pépinières. Cette étude a mis en évidence que Ilyonectria liriodendri, même s'il était absent du matériel végétal de propagation (porte-greffe, greffons), était présent dans les plants à la sortie de la pépinière à des pourcentages variables (de 20 à 68%). Le champignon, recherché à différentes étapes de l'élaboration des plants, a été mis en évidence uniquement après l'arrachage des plants Il a été plus particulièrement trouvé au niveau du talon. Le traitement à l'eau chaude (50°C, 45 min) réalisé à la sortie de pépinière dans les conditions de la flavescence dorée, a permis d'éliminer complètement le champignon. Malgré une occurence importante du champignon en sortie de pépinière, le risque de développement de la maladie en plein champ est très rare.