Le terme matière organique regroupe une somme importante et hétérogène de substances et composés carbonés d'origine végétale et animale : des débris en cours de décomposition issus de la végétation (sarments, feuilles, racines, herbe) qui constituent la litière du sol, jusqu'à l'humus stable solidement fixé aux particules d'argile qui garantit la pérennité structurale. Il est ainsi plus juste de parler des matières organiques du sol (MOS). Les MOS sont essentiellement localisées dans l'horizon superficiel du sol (0-20 cm).
Les MOS ont un rôle primordial dans le comportement global du sol.
Pour évaluer la qualité et la quantité des matières organiques d'un sol, il existe plusieurs indicateurs :
Ces indicateurs sont à utiliser conjointement et surtout en liaison avec l'observation à la parcelle (structure du sol : phénomène de battance, de ruissellement et d'érosion, d'hydromorphie..., précocité et vigueur de la vigne...).
La gestion du statut organique d'un sol est indispensable, même si le taux de matière organique fourni par l'analyse est jugé satisfaisant. En effet, chaque année, 1 à 2% de l'humus du sol (soit de 300 à 1200 kg/ha/an selon le taux initial de MO), sont dégradés par minéralisation.

Cycle simplifié de la matière organique
La gestion des matières organiques passe par des apports exogènes : apports d'amendements organiques et/ou enherbement.
L'enherbement est une solution intéressante : il est non seulement une source de matière organique par décomposition des parties aériennes, après la tonte ou le désherbage, mais aussi par décomposition des racines constamment renouvelées dans le sol. Il a également un effet bénéfique direct sur la structure décompactage et amélioration de la porosité de la surface, vis à vis de l'érosion. Cependant, cet apport organique, loin d'être négligeable, est très variable et difficilement quantifiable. Dans le cas où l'enherbement n'est pas envisageable, ou lorsque son insuffisance à maintenir un statut organique satisfaisant est constatée, des apports d'amendements organiques sont nécessaires.
Il faut savoir premièrement que les amendements à base de matières végétales ont une valeur humifère "qui produit de l'humus", supérieure à ceux provenant de matières animales. Un des critères fondamentaux de choix d'un amendement est son rendement en humus, c'est à dire son aptitude à donner naissance dans le sol à de la matière organique stable.
L'ISB (Indice de Stabilité Biologique) est un indicateur mis au point par l'INRA et qui sera prochainement intégré à la nouvelle norme sur les amendements organiques. Il représente la proportion de l'amendement de départ la plus résistante aux dégradations microbiennes, et donc susceptible de se stabiliser dans le sol. Sa valeur, exprimée par rapport à la matière sèche de l'amendement varie de 0 à 1. Plus l'ISB est élevé, plus l'amendement sera stable dans le sol.
Voici un exemple de calcul à mener dans le raisonnement d'un amendement organique.
Perte en humus à compenser : 1T/ha/an
Amendement souhaité : compost de végétaux
Taux de Matière Sèche du compost : 50%
Valeur de l'ISB : 0,3
Quantité d'humus fournie pour 1 tonne : 1000 kg x 0,5 x 0,3 = 150 kg
Apport nécessaire par an : 6,5 tonnes
Un formulaire de calcul permet d'estimer les pertes et de calculer les apports compensatoires à réaliser.