Les gommes de cellulose sont des produits utilisés depuis plus de 20 ans dans
l’industrie agro-alimentaire sous le nom d'additif E466, et leur innocuité pour la santé des
consommateurs a été établie. D’origine naturelle, elles proviennent de la cellulose du bois. Ces gommes de cellulose ont la propriété d’inhiber la formation des
micro-cristaux de tartre en agissant comme des colloïdes protecteurs.
Elles empêchent la formation et la croissance des microcristaux de tartre et
préviennent ainsi les précipitations de sels tartriques. Les gommes de cellulose sont commercialisées sous la forme de poudre soluble ou plus souvent sous la forme de solutions de concentration variable (de 4 à 21%).
Les gommes de cellulose ou CMC ont été autorisées sur vins blancs et effervescents par l’OIV en Juin 2008 dans la limite de 10 g/hl ou 100 mg/L. Sa transposition dans le droit Européen au travers du règlement 606/2009 autorise également son usage sur vins rouges et rosés à la même dose maximale (10 g/hl ou 100 mg/L).
Les essais menés par le groupe de travail ont montré que les 3 gommes de cellulose testées, même utilisées à faible dose, permettaient de stabiliser les vins présentant une instabilité moyenne à faible ( DIT <20%). Aucune différence d’efficacité n’a été mise en évidence entre les 3 produits commerciaux testés. Aucun trouble et aucune précipitation de matière colorante n’ont été mis en évidence lors de ces essais. La stabilité des gommes de cellulose dans le temps est actuellement en cours d’évaluation. Sur vins blanc ou rosé, l’utilisation des gommes de cellulose n'a pas modifié les caractéristiques organoleptiques des vins. Les essais sont poursuivis afin dévaluer l'efficacité des CMC sur des vins très instables (DIT>20%).
La mise en oeuvre des gommes de cellulose ou CMC nécessite quelques précautions :
Sur vins rouges, l’obtention de la stabilité tartrique est plus difficile à obtenir que sur vins blancs et rosés. L’efficacité du traitement est proportionnelle à la dose d’inhibiteur utilisée. Sur vins moyennement et encore plus fortement instables, l’utilisation des CMC (à 10 g/hl) améliore la stabilité tartrique des vins mais ne permet pas toujours d’obtenir une stabilité totale après test au froid. Seul les vins rouges faiblement instables sont stabilisés par les CMC.
L’utilisation des gommes de cellulose sur vins rouges entraine, dans certains cas une déstabilisation de la matière colorante. Cette déstabilisation entraine dans de nombreux cas une augmentation plus ou moins élevée de la turbidité du vin avec pour conséquence des pertes de couleur et
des risques de colmatage lors de la filtration. La turbidité qui peut être
engendrée est très variable selon le vin considéré, le temps de stockage et la
température subie. L'intensité du phénomène possède un caractère aléatoire.
L’exposition à de basses températures semblerait accroître l’importance des
troubles. Les études sont poursuivies afin de connaître les origines de ce trouble et établir les conditions optimales d'utilisation.
Les CMC ont un coût très compétitif par rapport aux autres techniques de stabilisation tartrique. Par exemple, pour un traitement en CMC à la dose maximale autorisée de 10g/hl, le coût du traitement ne dépasse pas 0,8 €/hl. Avec les mannoprotéines, le coût varie en fonction de la dose d'utilisation de 3,5 € (15g/hl) à 6 € (25 g/hl). Les techniques soustractives de stabilisation sont également plus onéreuses : de 1,5 à 3,5 €/hl pour la stabilisation par le froid contre 1,2 à 2 €/hl pour l’électrodialyse.