Le phosphore joue un rôle fondamental au niveau du développement végétatif de la vigne. Son rôle principal concerne le métabolisme énergétique puisque les phosphates sont capables de recevoir, et de transporter l'énergie lumineuse captée par les feuilles. Il est également avec l'azote, un des constituant essentiel des acides nucléiques (ADN).
Cependant, les essais conduits à ce jour comparant les doses d'apport, n'ont jamais mis en évidence des effets sur le végétal.
A l'exception de certains sols sableux du littoral et de très rares cas particuliers, aucune carence phosphorique n'a été décelée à ce jour. Même avec des teneurs en-dessous des normes actuelles, au niveau du pétiole ou du sol, on ne constate pas de problème particulier sur le végétal.
L'intérêt de doser le phosphate assimilable, tel qu'il est pratiqué actuellement par diverses méthodes est limité. En effet ces méthodes ne sont pas représentatives du phosphore réellement absorbé par la vigne. La vigne serait, en effet, possible d'extraire du phosphore à partir des phosphates tricalciques. Il est ainsi délicat de piloter la fertilisation phosphatée à partir de cette mesure.
Le phosphore est énergétiquement retenu par le sol et migre peu en profondeur ou seulement très lentement. Un apport réalisé en surface ne sera accessible par les racines et utilisable par la vigne qu'après de nombreuses années.
Les apports phosphatés apparaissent ainsi comme peu efficaces. Ils risquent, s'ils sont réalisés de manière systématique de polluer le milieu par ruissellement (eutrophisation). Dans le cadre d'une production raisonnée, il est difficilement acceptable d'effectuer des apports systématiques de phosphore correspondant aux exportations.
Le groupe de travail national "Fertilisation de la vigne" conseille de limiter l'apport de phosphore, si ce dernier est nécessaire, à la seule fumure de fond, en visant à le positionner au niveau des racines de la vigne. Par la suite, il convient de proscrire tout apport en cet élément.
Dans le cas d'une vigne où les éléments d'analyses (sol, pétiole) mettent en évidence un faible niveau en phosphore, et manifestant un dysfonctionnement dont la cause n'a pas pu être identifiée, une fumure phosphorique d'entretien annuel de précaution, couvrant les exportations (15-20 unités/an), peut être maintenue en localisation.
Carence en potasse |
Carence en magnésium |
Le potassium peut donner lieu à des phénomènes d'antagonisme avec d'autres cations. Le plus important en viticulture est l'antagonisme potassium-magnésium. Ainsi, un niveau trop élevé d'absorption du potassium peut se traduire par une moindre absorption de magnésium.
Il peut exister un antagonisme potassium-calcium. Dans le cas de sols acides, il est ainsi impératif de piloter en premier lieu le pH du sol et la fertilisation calcique.
