Il s'agit incontestablement de la mesure de référence pour mesurer
l'état hydrique de la vigne. Elle se réalise à l'aide d'une chambre à pression dite de Scholander. Il s'agit d'estimer, à l'aide de la pression d'un gaz neutre appliqué sur une feuille, la capacité des cellules à retenir l'eau. Moins il y aura d'eau libre dans la plante, plus la pression nécessaire pour la faire sortir sera forte. Le résultat, la pression nécessaire pour extraire la sève de la feuille, est exprimé en Bar ou en Mpa, toujours en valeur négative.
Ce potentiel représente l'état hydrique de la plante à un instant donné et peut être mesuré sur toute feuille et à toute heure selon ses objectifs. Il peut permettre notamment de suivre l'évolution de la contrainte au cours de la journée. Il existe une forte variabilité entre feuilles et son interprétation peut s'avérer problématique. On préferera plutôt le potentiel hydrique foliaire de base et de tige.
Ce potentiel (phfb) s'adresse à une plante dont tous les stomates sont fermés et représente les disponibilités en eau du milieu. La mesure se réalise en fin de nuit, avant le lever du soleil (lien vers la méthodologie). Il s'agit d'un indicateur robuste qui a permis d'obtenir de solides seuils de référence, validés à l'échelle internationale (Carbonneau, 1998). Ces seuils peuvent varier suivant les cépages.
-0,2 MPa < phfb contrainte hydrique absente
-0,3 MPa < phfb < - 0,2 MPa contrainte hydrique faible
-0,5 MPa < phfb < -0,3 MPa contrainte hydrique faible à modérée
-0,8 MPa < phfb < -0,5 MPa contrainte hydrique modérée à sévère
phfb < -0,8 MPa contrainte hydrique sévère
Il existe une faible variabilité entre feuilles. Il s'agit d'une méthode adaptée aux vignobles à forte contrainte hydrique de type méditérrannéen, puisque le phfb est peu sensible aux faibles contraintes.
Ce potentiel est mesuré sur une feuille préalablement ensachée pendant une heure au midi solaire (à 14h00). Il représente l'état de tension de l'eau dans la plante. Cette méthode de mise en oeuvre plus lourde (lien vers la méthodologie) est sensible aux faibles contraintes et permet d'obtenir plus de discrimination dans les vignobles à contrainte modérée, comme les vignobles de type océanique. Voici quelques seuils.
-0,6 MPa < phfb contrainte hydrique absente
-0,9 MPa < phfb < - 0,6 MPa contrainte hydrique faible
-1,1 MPa < phfb < -0,9 MPa contrainte hydrique faible à modérée
-1,4 MPa < phfb < -1,1 MPa contrainte hydrique modérée à sévère
phfb < -1,4 MPa contrainte hydrique sévère
C'est la méthode que nous utilisons à l'IFV Sud-Ouest afin de comparer les contraintes hydriques sur les différentes modalités d'un essai. Nous avons, en 2001, essayé d'optimiser cette méthode (lien vers le compte-rendu).
Le point de départ de cette technique est le système de régulation thermique de la plante lié à la transpiration. Lorsque la vigne est en situation où l'eau est un élément limitant, son activité transpiratoire diminue. De ce fait la vigne dépense moins d'énergie calorifique et ses feuilles se réchauffent. Cette méthode a été développée par un industriel en collaboration avec l'Agro-Montpellier / INRA.
Il s'agit d'une méthode simple à mettre en oeuvre basée sur l'analyse du rapport 12CO2 / 13CO2. Ce rapport, mesuré sur les sucres ou l'acide tartrique du moût à maturité, constitue un indicateur global de la contrainte hydrique subie par la vigne au cours de la période de maturation. Le "Delta C13" mesuré sur un extrait de composés phénoliques du vin est également très bien corrélé au potentiel foliaire de base minimum mesuré au cours de la saison. En comparaison avec les indicateurs classiques du régime hydrique de la vigne, l'intérêt de cet indicateur réside dans sa grande accessibilité et son faible coût. Il s'agit par contre d'une méthode a posteriori qui s'avère intéressante notamment afin de classer les parcelles.
Delta C13 < - 26 contrainte hydrique absente
-26 < Delta C13 < - 24,5 contrainte hydrique faible
- 24,5 < Delta C13 < -23 contrainte hydrique faible à modérée
- 21,5 < Delta C13 < - 23 contrainte hydrique modérée à sévère
Delta C13 > -21,5 contrainte hydrique sévère
Toutes les méthodes décrites précédemment ne renseignent que de façon ponctuelle sur l'état de la parcelle. En complément, les travaux se sont orientés vers des méthodes de modélisation de la contrainte hydrique. Ces modèles sont établis à partir des données météorologiques des parcelles (pluies et évapotranspiration) et de quelques mesures complémentaires au vignoble permettant de vérifier la pertinence des modèles théoriques et, le cas échéant, de ré-étalonner les valeurs estimées avec la réalité. L'objectif est de caractériser l'état hydrique du sol à tout moment en considérant que cette réserve se remplit avec les pluies et se vide sous l'effet de la transpiration de la végétation et de l'évaporation du sol. L'aboutissement de cette étude, menée par l'IFV, permettra de mieux comprendre le comportement des cépages et d'optimiser la conduite du vignoble.
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La Chambre d’Agriculture de l’Hérault travaille depuis plusieurs années sur une méthode alternative dite «méthode des apex» pour déclencher l’irrigation. Cette technique demande environ 5 minutes d’observation par parcelle. Le principe de base est que le ralentissement ou l’arrêt de croissance est la réponse du végétal à une contrainte hydrique. Les observations doivent être réalisées sur 30 à 50 ceps par parcelle. Les apex sont classés en 3 catégories :
A partir de ces notations, un indice d’arrêt de croissance IAC=100/3 x (1-%P + %R +2%C) peut être calculé
4 à 5 mesures sont nécessaires pour interpréter la dynamique de croissance : la 1ère 10 jours après floraison puis tous les 10 jours environ. La Chambre d’Agriculture de l’Hérault recherche des seuils de référence pour piloter le premier arrosage qui devraient être disponibles prochainement.
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Stade P |
Stade R |
Stade C |
| Crédits photo : Chambre d 'Agriculture de l'Hérault | ||
Plusieurs autres techniques pour l’estimation de l’état hydrique des plantes ont été proposées pour la vigne. Il peut s’agir de méthodes :