Les fiches pratiques

La conservation du matériel végétal

Afin de limiter la perte de ressources génétiques de la vigne depuis la reconstitution post phylloxérique, de nombreux conservatoires ont été implantés en France.

Que sont les enjeux de la conservation du matériel végétal ?

La vigne cultivée a connu un appauvrissement génétique inéluctable engendré à la fois par la culture d'un nombre de plus en plus restreint de variétés, et par l'utilisation généralisée de quelques clones sélectionnés au sein de ces dernières. La mise en place de conservatoires permet de préserver cette ressource. Les enjeux annexes de la conservation sont multiples :

  • comprendre l'origine du polymorphisme clonal : des travaux sont en cours au sein de l’UMT Géno-Vigne® regroupant l'IFV, Montpellier Supagro et l'INRA afin de connaître la base génétique de la variabilité clonale
  • identifier des caractères d'intérêt dans la variabilité intra-variétale pour les exploiter en vue de nouvelles sélections : il peut s'agir par exemple de composantes liées au rendement (taille des grappes, fertilité, taux de nouaison), de la sensibilité au botrytis, de la vigueur et du port ou d'autres paramètres oenologiques (richesse en sucre, acidité, composés phénoliques, précurseurs d'arômes...)

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A quand remonte la conservation de la vigne en France ?

En France, on peut considérer que la première étape aboutissant au maintien et à l'étude de la diversité clonale des variétés cultivées a été la création en 1944 de la "Section de Sélection et de Contrôle des Bois et Plants de Vigne" sous la responsabilité du professeur Jean Branas, dont l'un des objectifs était de limiter la diffusion du court-noué. Cette initiative a été suivie par la création du Domaine de Vassal en 1950, puis de l'ANTAV en 1962 (Association Nationale Technique pour l'Amélioration de la Viticulture) dans les sables du cordon littoral. Parallèlement, les premières collections destinées à évaluer la diversité au sein des variétés majeures furent mises en place à l'INRA de Colmar entre 1942 et 1950 puis à l'INRA de Bordeaux en 1957. Elles servirent de support aux premiers travaux de sélection clonale mais une partie des clones qu'elles renfermaient fut parfois abandonnée à la fin des études. L'INRA, puis l'ANTAV sont à l'origine des premières implantations de conservatoires qui étaient d'abord consacrés aux variétés majeures (Grenache, Gamay, Sauvignon, Cabernet Sauvignon, Merlot, Gewurztraminer, Riesling...). C'est à la fin des années 1980 que le nombre de conservatoires effectivement créés avec une volonté de pérennité a augmenté de façon significative et régulière.

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Comment s'organise la conservation des ressources génétiques en France ?

Progressivement, le dispositif actuel de conservation du matériel végétal en France, s'est structuré en trois niveaux complémentaires :

  • la collection ampélographique centrale nationale et internationale (INRA, Domaine de Vassal), établie en 1959 à Marseillan-plage et qui compte aujourd'hui plus de 7500 génotypes dont 2600 variétés de Vitis vinifera (5500 accessions). Son objectif principal est de conserver la diversité génétique la plus étendue possible
  • le conservatoire national du matériel initial des clones sélectionnés (IFV, Pôle Matériel Végétal, Domaine de l'Espiguette). Implanté au Grau-du-Roi, ses missions sont de réaliser les étapes de sélection sanitaire, de maintenir le matériel végétal des clones agréés, de coordonner le Réseau des Partenaires de la Sélection, d'appuyer les travaux dans les régions, de fournir du matériel aux prémultiplicateurs et multiplicateurs et de réaliser des programmes de recherche. Depuis sa création en 1962, plus de 19 000 clones on été introduits et testés. Les introductions annuelles se poursuivent au rythme de 100 à 250 clones de variétés françaises ou étrangères
  • les conservatoires régionaux de clones. Toutes catégories confondues, on compte aujourd'hui 113 variétés inscrites au Catalogue national bénéficiant de parcelles conservatoires. Chaque variété y est représentée par un nombre d'individus qui varie de moins de 10 à plus de 1000 (répartis sur plusieurs sites). En 2002, à l'initiative de l'ENTAV la constitution de la Commission Technique Nationale de la Sélection et de Participation (CTNSP) a permis de fédérer les acteurs de la sélection et de la conservation des ressources génétiques de la vigne. Cette commision regroupe autour de l'INRA et l'IFV, 32 partenaires dont 19 Chambres Départementales d'Agriculture et 3 interprofessions. Au total, en 2010, on compait 15 375 accessions représentant 113 variétés dans ces conservatoires régionaux, au nombre de 150..

Vue aérienne du Domaine de l'Espiguette

 

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Quels sont les risques qui menacent les conservatoires ?

La quasi-totalité des parcelles mises en place depuis l'an 2000, ont en général fait l'objet d'un inventaire sanitaire exahustif vis-à-vis des viroses graves (court-noué et enroulements type 1,2,3). Les parcelles les plus anciennes, dont l'age est supérieur à 10 ans, peuvent présenter certaines situations à risque liées :

  • au vieillissement naturel : le déplacement d'une parcelle vieillissante peut être parfois nécessaire lorsque la mortalité constatée met en péril le maintien d'un certain nombre d'accessions
  • à l'état sanitaire : le statut sanitaire est parfois incertain par manque de tests exhaustifs à la mise en place de ces parcelles ou en raison de recontamination par des viroses. Des mesures de déplacement pourront s'imposer vers des zones peu viticoles moins soumises aux pressions sanitaires
  • à la pérennité des sites : certains événements imprévisibles peuvent menacer l'existence de certaines parcelles comme l'abandon de domaines expérimentaux, la déprise viticole, des projets routier ou d'urbanismes par exemple
  • à la perte de la mémoire des parcelles : certains conservatoire sont le fruit d'initiatives locales, portées sur un nombre restreint de personnes impliquées et ces réalisations peuvent se trouver menacées par des mouvements de personnels
  • à des raisons économiques : la conservation est souvent liée au sein des organismes à d'autres activités en particulier la production de bois et de plants. Leur forte régression constatée est à l'origine d'une baisse des moyens affectés à l'ensemble des travaux (nouvelles réalisations, suivi technique et sanitaire...)

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Quels sont les cépages du Sud-Ouest possédant un conservatoire ?

Berceau de nombreux cépages, plusieurs conservatoires ont été implantés dans notre région par l'IFV Sud-Ouest, les Chambres Départementales d’Agriculture, les associations ou syndicats viticoles. Les variétés possédant un conservatoire sont par ordre alphabétique (le nombre d'origines représentées est indiqué entre parenthèse) : l'Abouriou (50), l'Arrufiac (234), le Baroque (69), le Camaralet (6), le Chasselas (104), le Claverie (35), le Colombard (334), le Cot (322), le Courbu (69), le Crouchen (80), le Duras (154), le Fer (119), la Folle Blanche (245), le Gros Manseng (173), le Lauzet (9), le Len de l'El (92), le Mauzac Blanc (363), le Mauzac Rose (52), le Milgranet (35), le Mouyssaguès (14), le Négret de Banhars (21), la Négrette (190), l'Ondenc (20), le Petit Courbu (193), le Petit Manseng (142), le Prunelard (20), le Saint Côme (3) et le Tannat (317).

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En savoir plus sur les conservatoires
 
 
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