Le bois noir est provoqué par un phytoplasme qui est une «bactérie» sans paroi cellulaire. C’est un parasite strict, et il a besoin pour vivre d’utiliser l’activité métabolique des cellules qu’il infecte. Il se développe dans les vaisseaux conducteurs des ceps et provoque leur dépérissement. Il est transmis par un vecteur, une cicadelle nommée Hyalesthes obsoletus.
Les dégâts directs par piqûre des adultes sont négligeables.
Les symptômes observés sur les souches atteintes sont :
Seule l'analyse PCR permet de faire la différenciation entre ces deux maladies puisque absolument aucune différence ne peut être observée au niveau des symptômes. La durée d'incubation de ces 2 maladies n'est pas précisemment connue (entre 1 et 3 ans) ; l'apparition et l'intensité des symptômes dépendent avant tout de la sensibilité des cépages. Au niveau épidémiologique, en l'absence de traitement insecticide préventif, on peut assister, pour la flavescence dorée, à une explosion du nombre de ceps touchés (notion de foyer) contrairement au bois noir où les souches malades sont réparties de manière aléatoire dans la parcelle. Les autres différences de symptômes parfois évoqués entre les deux maladies (symptômes sur un bras ou sur tout le cep, durée d'incubation...) ne correspondent à aucune réalité observable sur le terrain en comparant symptômes et résultats d'analyse PCR.
L'insecte vecteur du Bois Noir est un fulgore cixiide, appelé Hyalesthes obsoletus. Il est présent dans toute l'Europe et l'Asie mineure. Il s'agit d'un insecte polyphage mais ses principales plantes hôtes sont le liseron des champs et l'ortie dioïque. Hyalesthes obsoletus passe l'hiver à l'état de larves aptères au niveau des racines de ses plantes hôtes. Il existe 5 stades larvaires (L1, L2; L3, L4 et L5). Les larves de 5ème stade (L5) émergent du sol au printemps et donnent naissance aux adultes ailées qui volent vers d'autres plantes à la recherche de nourriture et de partenaires sexuels. Les femelles pondent au collet des plantes hôtes au cours de l'été. Au cours de leurs vols, les adultes peuvent se poser sur des vignes et inoculer le phytoplasme. Mais, ils n'y subsistent pas longtemps.
Oui, tout comme dans le cas de la flavescence dorée, le phytoplasme peut effectivement par le greffage. Concrètement, si greffons ou porte-greffes sont prélevés sur une souche malade, les plants qui en seront issus sont fortement susceptibles d'être porteurs du phytoplasme. Le traitement à l'eau chaude des bois et plants préconisé dans le cadre de la lutte contre la flavescence dorée est efficace sur le bois noir (50°C pendant 40 minutes). Pour limiter les risque de dissémination, une surveillance annuelle des vignes mères de greffons est obligatoire, et toute souche malade doit être signalée auprès des services de contrôle avant destruction. Ceux-ci pourront entreprendre une recherche des plants issus de cette parcelle par greffage l'année précédente, et exiger préventivement leur traitement à l'eau chaude avant livraison aux viticulteurs. Dans le cas des porte-greffes, l'observation de symptômes en végétation est impossible (porteur sain). En cas de doute, une recherche du phytoplasme peut être exigée par l'administration (échantillonnage de bois et test par PCR).
Le phytoplasme du Bois Noir est ubiquiste. Il infecte presque uniquement des plantes herbacées. Il est porté par de nombreuses plantes herbacées (liseron, ortie, morelle et beaucoup de solanacées...). La cicadelle acquière le phytoplasme par piqûre d'une plante déjà atteinte. Le phytoplasme se réfugie dans l’intestin de son hôte où il se reproduit, migre dans l’hémolymphe et dans les glandes salivaires, où la multiplication est très importante. Le phytoplasme n'est pas transmis à la descendance et l'infection de la vigne se fait au cours d'un vol.
Il existe une transmission possible par le matériel de multiplication contaminé et par les greffons, même si la fréquence est inférieure à 1%.
Contrairement à la flavescence dorée, il n'existe pas de lutte obligatoire, sauf si l'arrêté préfectoral organise conjointement la lutte contre la flavescence dorée et le bois noir (arrachage). L'habitat principal de Hyalesthes obsoletus se situe dans les parcelles non cultivées laissées à l'abandon, les zones rudérales, les friches de bordure mais également sur les couverts herbeux des cultures arboricoles fruitières et sur les adventices à l'intérieur des vignes. Compte tenu de l'habitat diversifié de Hyalesthes obsoletus, la lutte insecticide n'est pas envisageable. La seule mesure préconisée est préventive et consiste à éliminer les plantes hôtes (liseron, passerage, ortie...).
Des études récemment effectuées en Allemagne, ont mis en évidence qu’il existait trois isolats de phytoplasmes du stolbur associés à la maladie du bois noir. A ces trois formes de stolbur pourraient être associés des systèmes biologiques différents en relation avec le vecteur et ses plantes hôtes. Il pourrait y avoir un déplacement des équilibres vers un système au détriment d’un autre, sous l’influence de facteurs culturaux ou climatiques, affectant le vecteur ou ses plantes hôtes. Une meilleure connaissance de ces phénomènes en Midi-Pyrénées, permettrait d’envisager une lutte plus efficace voire une aménagement du décret de lutte obligatoire contre la flavescence dorée. Les objectifs de cette action sont multiples :