Participer à la surenchère de l’information toujours plus rapide, du scoop toujours plus marquant ou suivre des modes toujours plus intégristes… tels sont les dangers qui guettent au quotidien nos chercheurs et nos expérimentateurs.
Notre recherche n’est pas là pour courir après l’actualité. La course a la publication, à la validation de résultats partiels ou pire à l’émission de solutions qui ne sont en fait qu’hypothèses de travail et ne feront pas avancer notre profession. La recherche n’est pas là non plus pour répondre systématiquement aux attentes ou croyances sociétales basées malheureusement parfois sur aucun fondement scientifique. Combien de fois n’ai-je pas entendu dire «moi, les levures que j’utilise sont naturelles», comme si nos oenologues utilisaient de leur côté des levures chimiques ! Je ne reviendrais pas sur les discours de plus en plus intégristes qui envahissent nos campagnes liés à l’utilisation des produits phytosanitaires. Certes des optimisations sont à atteindre. L’expérimentation nous en approche mais il faut cesser de laisser croire à des solutions extrêmes inexistantes. L’ignorance ne doit pas bâtir nos programmes scientifiques et inversement la recherche doit se garder de mettre sur pied des projets bafouant certains fondamentaux scientifiques au nom de l’urgence et de l’actualité. C’est avec la volonté de construire aujourd’hui des projets collectifs cohérents, innovants et efficaces mais surtout loin de croyances, mythes ou utopies que l’IFV poursuit au niveau régional, national et même européen la construction de ses projets.
Jean-François Roussillon,
Président de l'IFV Sud-ouest